Une commune au carrefour de plusieurs mondes

Avec près de 3 800 habitants (recensement INSEE 2021), Gourin est la commune la plus peuplée du territoire du Roi Morvan et la deuxième du Pays du Roi Morvan Communauté. Pourtant, c’est d’abord par son ambiance et son énergie discrète qu’elle frappe le visiteur. Gourin s’étire sur 76,2 km² (une des plus grandes de Bretagne en superficie !), entourée de bois, de prairies et de crêtes ventées – la Montagne Noire veille juste à l’ouest. Carrefour des routes de Quimper, Lorient, Carhaix et Pontivy, Gourin a longtemps été un point de passage – et d’exil, nous y reviendrons. Mais aujourd’hui, elle brasse habitants et visiteurs pour d’autres raisons : nature, patrimoine, événements et surprises.

Ce qu’il faut voir dans Gourin

Le château de Tronjoly, témoin du passé et lieu de vie culturelle

Impossible de passer à côté : le château de Tronjoly, à la sortie ouest de la ville, est LE site emblématique. Construit à la fin du XVIII siècle sur des bases plus anciennes, il s’élève dans un parc de 41 hectares. On y vient pour :

  • Se promener dans le parc, boisé et traversé par une jolie rivière (le “Ster Laër”).
  • Admirer la chapelle du XVI siècle, classée monument historique.
  • Participer à l’un des nombreux événements qui s’y déroulent : expositions, spectacles, salons, marchés de créateurs, etc.
Aux beaux jours, Tronjoly accueille aussi la Fête de la crêpe, qui voit s’affronter, dans une bonne humeur communicative, les spécialistes locaux et expatriés du “kraz” et du “blé noir”. (Source : Ville de Gourin, Office de tourisme du Roi Morvan)

La statue de la Liberté, clin d’œil à l’histoire gourinoise

Impossible de parler de Gourin sans évoquer sa réplique, certes modeste, de la célèbre Statue de la Liberté : dressée en 1986 face à la mairie, elle rappelle l’émigration massive vers l’Amérique qui a marqué la commune. Entre 1880 et 1960, plus de 10 000 habitants du pays de Gourin ont traversé l’Atlantique pour rejoindre les États-Unis et le Canada. Chaque année, un festival célèbre cette histoire d’exil et de liens retrouvés – avec concerts folk et rock, rencontres, cinéma, etc. Les descendants des “Bretons d’Amérique” continuent à revenir sur la terre de leurs aïeux. (Source : Ouest-France)

Le centre-bourg, son marché, ses commerces et ses fresques

Dans le bourg, Gourin retrouve une énergie simple, un peu à contre-courant des centres commerciaux périphériques :

  • Le marché du samedi matin attire chalands du pays et producteurs locaux. C’est l’adresse pour dégoter légumes bio, far, crêpes fraîches, œufs, plants de légumes, fromages fermiers… La place du Général-de-Gaulle est vivante, animée.
  • Des fresques de street-art ponctuent aussi le centre-bourg, résultat de festivals et d’initiatives d’artistes locaux et internationaux depuis 2018, notamment avec le parcours "Mur-murs" développé par l’association Gros Plan : plusieurs œuvres monumentales sont visibles à pied, en cherchant bien ! (Source : Association Gros Plan Gourin ; facebook.com/grosplangourin)
  • De petits commerces dynamiques : Gourin compte encore deux librairies, plusieurs boulangeries, crêperies, cafés, boutiques de produits locaux… et en 2024, la réouverture tant attendue du cinéma "Le Rex".

Patrimoine religieux et petites chapelles

Outre la grande église paroissiale Saint-Hervé (XIX s.), Gourin est réputée pour ses chapelles disséminées dans ses campagnes. Il y en a sept principales, toujours debout, dont :

  • Saint-Eloi (XVI s.), à la sortie nord-est, avec sa fontaine miraculeuse ;
  • Saint-Guénolé, blottie dans les bois, reliée chaque été par un petit pardon ;
  • Sainte-Jeanne, Saint-Adrien, Tronjoly… Chacune se découvre lors de balades, souvent sur le circuit des randonnées.
(Source : Association patrimoine du Gourinois, Office de Tourisme)

La nature à deux pas : balades et grands espaces

Des circuits de randonnée variés

La commune propose de nombreux circuits balisés pour la randonnée pédestre, VTT ou équestre.

  • La promenade de Tronjoly (boucle de 5 km) permet une première immersion dans le bocage.
  • Le circuit de la montagne (14 km) offre de superbes points de vue sur la vallée de l’Inam et les Crêtes Noires.
  • Le GR38 traverse aussi Gourin, filant jusqu’à l’océan vers Douarnenez ou, à l’est, jusqu’au-delà de l’abbaye de Bon-Repos. Idéal pour les marcheurs au long cours.
Les sentiers sont bien entretenus, souvent ombragés et variés (zone bocagère, petits bois humides, crêtes). On croise des ruisseaux, des moulins anciens, parfois des chevaux, toujours des oiseaux et, avec de la chance, des chevreuils ou renards.

L’étang de Rosquerno et les loisirs de plein air

À trois kilomètres du centre, l’étang de Rosquerno est un coin paisible, apprécié pour la pêche (truites, carpes), les pique-niques en famille ou les promenades en sous-bois. Des circuits VTT débutent ici ; la base de loisirs propose aussi du canoë en été, et des animations ponctuelles (initiation pêche, course d’orientation).

Fêtes, marchés et culture populaire : Gourin, terre d’initiatives

Un calendrier animé tout au long de l’année

  • Fête de la Crêpe (fin juillet, autour de Tronjoly) : plus de 7 000 visiteurs certains étés, concours, records de galette, spectacles et bagadoù !
  • Marchés d'été : nombreux petits marchés de créateurs ou de producteurs s'installent tout l’été dans le parc du château ou le centre-bourg.
  • Festival de la Liberté (août) : musique, mémoire de l’émigration, danses et concerts, une ambiance qui attire aussi les jeunes générations.
  • Festou-noz et festoù-deiz, bals bretons et cercles celtiques, toute l’année dans la salle des fêtes ou au château de Tronjoly.

À Gourin, les traditions se vivent sans folklore forcé : il n’est pas rare de tomber, un samedi après-midi, sur un fest-noz ou une démonstration de danse bretonne. Les écoles, collèges et associations maintiennent un tissu associatif très solide, axé sur la culture bretonne, l’entraide, l’éveil écologique.

Un cinéma associatif et des initiatives culturelles

Sauvé in extremis lors de la fermeture du vieux Rex, le cinéma associatif fait partie des fiertés locales. Une vingtaine de séances par mois, du tout-public aux films d’art et essai, et un public fidèle, de tous âges. De nombreuses initiatives naissent aussi autour du café “Chez Cathy”, de la nouvelle librairie “Le Livre voyageur” ou des concerts au bar du Triskell. À découvrir selon l’agenda !

Saveurs locales et bonnes adresses gourmandes

Gourin n’a pas volé son surnom de capitale de la galette ! Plus de cinquante producteurs fermiers ou artisans proposent du blé noir dans le secteur. Voici quelques bonnes adresses :

  • La Crêperie Rozell : institution familiale réputée pour la qualité de ses produits paysans.
  • Chez la Crêpière Gourinoise : pour la fameuse galette-saucisse, le repas des soirs de marché.
  • Le marché du samedi (Place du Général de Gaulle, le matin) pour de nombreux producteurs locaux.
Par ailleurs, le cidre du pays (distillerie artisanale de la famille Roué notamment – médaillée plusieurs fois au Salon de l’Agriculture) séduit amateurs et connaisseurs.

Patrimoine vivant : l’émigration, une mémoire toujours présente

L’histoire gourinoise est indissociable du phénomène migratoire. Entre la fin du XIX siècle et les années 1960, Gourin a vu partir des milliers de ses enfants vers le continent américain. Ce n’est pas une vieille légende, mais une réalité dont témoignent encore les maisons de granit construites avec l'argent du "pays", les récits familiaux et la toponymie locale ("la maison du Bostonien"). Un musée devait ouvrir ses portes à Tronjoly, consacré à cette épopée (projet "Bretons d'Amérique", en cours en 2024). (Source : Association Migrations et Solidarités, France 3 Bretagne)

Infos pratiques pour votre visite

  • Le centre-ville est accessible toute l’année, avec de grands parkings gratuits.
  • Deux boucles de randonnée démarrent du bourg (5 km et 15 km).
  • L’Office de tourisme – relais à l’entrée nord de Gourin, propose plans, cartes, idées visites, animations.
  • Des hébergements variés : hôtels, chambres d’hôtes, campings (Rosquerno), gîtes.
  • Des lignes de car desservent Quimper, Lorient et Carhaix chaque jour (ligne BreizhGo 41).

Perspectives : Gourin entre racines et renouveau

Si Gourin reste fidèle à son identité rurale, la commune, dynamique et accueillante, entre dans une nouvelle ère. La démographie se stabilise, portée par le retour de jeunes familles, la vitalité associative et une nouvelle génération d’artisans, de commerçants et de créateurs. Plusieurs projets phares sont en gestation : centre éco-citoyen, rénovation du patrimoine, développement du tourisme lent. Un signal fort pour toute cette partie du Morbihan souvent trop ignorée. Le Gourin d’aujourd’hui reste un lieu de passage, d’accueil, de rencontres – à condition de donner une chance au détour, à la balade, à la vie qui couve derrière les pierres de granit et les sapins de la Montagne Noire.

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