Départs vers l’inconnu : pourquoi les Bretons ont-ils quitté leur terre ?
Si la carte postale de la Bretagne heureuse, ses fêtes de pardon et sa lande vivace, anime l’imaginaire, la réalité de la fin 19e et début 20e siècle est plus rude. Le musée raconte sans pathos, mais avec un vrai respect de l’ambivalence : ici, on partait souvent faute de mieux, acculés par la misère, le manque de terres, et l’essor de l’industrialisation ailleurs. Gourin et le Haut Pays étaient alors parmi les régions les plus pauvres de France (source : INA).
- La crise du Phylloxéra en viticulture, la fermeture des ardoisières, les successions paysannes trop divisées…
- Des affiches d’agences d’émigration promettent à la jeunesse travail et fortune "de l’autre côté" ; la White Star Line faisait halte à Lorient pour embarquer !
- Départ souvent clandestin par Le Havre ou Cherbourg via Southampton.
- Les femmes n’étaient pas minoritaires : domestiques ou blanchisseuses, elles faisaient souvent le voyage seules.
La salle des départs expose des sacs de toiles râpées, une vieille steamer trunk griffée "Morvan – New York", des listes de passagers griffonnées à l’encre palie.