Du centre Bretagne aux trottoirs parisiens : itinéraires et destins croisés
Si l’on s’attarde sur les destinations, c’est Paris qui revient le plus souvent. Ou, plus exactement, la “petite Bretagne” qui s’est créée dans des quartiers bien précis de la capitale – Montparnasse, Grenelle, le 14e arrondissement. Là, le parler breton résonnait dans les cafés, les bals, au détour des annonces d’emploi dans le bâtiment, le service à la personne ou dans ces fameux “petits métiers” qui permettaient de mettre le pied à l’étrier.
Mais Paris n’était pas la seule terre d’accueil. De nombreux Morbihannais se sont aussi dirigés vers Le Havre, Nantes, Angers, Bordeaux, Lyon… sans oublier une part non négligeable vers l’Amérique du Nord, l’Amérique latine (Argentine, principalement), le Royaume-Uni ou encore l’Afrique.
- Recensement de 1896 à Paris : plus de 70 000 Bretons installés officiellement dans la capitale.
- Explosion après 1914 : la Première Guerre mondiale et l’industrialisation accélèrent le mouvement vers les villes du nord et de l’est.
- XXe siècle : des communautés bretonnes reconnues jusque dans les banlieues ouvrières d’Île-de-France et sur le bassin minier du Nord.
Les Bretons, traditionnellement formés aux travaux agricoles, se sont adaptés : maçons, concierges, ouvriers, mais aussi artisans, blanchisseuses ou cheminots. Beaucoup revenaient « au pays » pendant l’été, envoyant de l’argent, participant aux foires, entretenant le lien.