Le Faouët à la fin du XIXe : un village, une colonie picturale
On date le « printemps artistique » du Faouët à la seconde moitié du XIXe siècle. Pourquoi là, et pas ailleurs ? Plusieurs raisons : une accessibilité relative (non loin des chemins de fer après 1864), une campagne restée authentique, parfois rude, mais surtout une lumière crue, parfois drapée de brume, idéale pour façonner des toiles radicalement autres que celles de la côte.
Parmi les premiers arrivants, des noms qui ont laissé des œuvres majeures :
- Évariste-Vital Luminais (1821-1896), peintre parisien, fasciné par la Bretagne mythologique : il pose son chevalet au Faouët, y peint des scènes de la vie rurale et des scènes historiques, comme « Les Émigrants », exposée au Salon de 1881 (Source : Musée du Faouët).
- Charles Cottet (1863-1925), chef de file de la « Bande noire », découvre le Faouët et Crozon au détour des années 1890. Sa peinture, sombre et franche, capte la rudesse mais aussi la solidarité paysanne, comme dans « Le Grand pardon au Faouët ».
- Henri Barnoin (1882-1940) : installé à Concarneau, il fréquente longuement le Faouët à partir de 1919. Il multiplie les vues de marchés, de processions et de paysages vallonnés, le tout avec une vivacité de couleurs rare pour l’époque.
Au cœur du bourg, les halles (XVIe siècle), puis la chapelle Sainte-Barbe, deviennent motifs et décors de ces œuvres singulières dont une grande partie sera aujourd’hui conservée et valorisée au Musée du Faouët — ouvert en 1987, il accueille désormais plus de 10 000 visiteurs par an (Le Télégramme, avril 2024).